Respect pour les anciens…et pour les vagues

Il s’appelle Douglas Mouncey. Née en janvier 1951, il habite Byron Bay sur la côte-est australienne. Les vagues, il s’y connaît. Son premier souvenir sur une planche remonte à ses 2 ans… ce qui lui fait un peu plus de 60 années d’expérience derrière lui ! Médecin généraliste, quand il n’occupe pas de ses patients, il aime nager, pêcher, surfer et transmettre sa passion à toute la famille : ses quatre fils, sa fille et ses quatre petites-filles !

OLD STYLE SURF

Son style, celui des sixties, s’exprime du haut de son longboard 9’6 Donald Takayama! Ancien compétiteur, ce qu’il aime maintenant c’est rider « Old School ». Pour surfer les plus beaux spots, il a fait le tour de l’Australie et voyagé partout dans le monde : Mexique, Tahiti, Indonésie, Ile Fidji, Nouvelle Zélande, Skri Lanka…. Aujourd’hui il est pour la première fois en Afrique et pour une bonne raison : surfer le célèbre spot d’Anchor Point au Maroc.
Après plus de 2 semaines passées sur les spots de la région (Anza, Banana, Imouran, Anchor Point, Boilers, Tamri, Imessouane…) accompagné des locaux, son constat est sans équivoque : « le surf ici, c’est génial ! » Selon lui, Anchor Point est l’une des meilleures vagues qu’il a eu la chance de surfer durant toute sa vie. Il l’a décrit du même niveau que les plus belles vagues d’Australie telle que celle d’Angourie près de chez lui.

ANCHOR POINT – MAROC

ANGOURIE – AUSTRALIE

 

 

 

 

 

 

Quand on lui demande ce qu’il pense du surf ici, il répond : « Les surfeurs locaux ont un très bon niveau. L’océan est plein de jeunes surfeurs talentueux et comme les australiens, les marocains sont des gens très chaleureux ! A l’eau, l’ambiance est toujours bonne. »

SURFEURS LOCAUX – GOSURFMOROCCO SURFCAMP

Selon lui, le secret pour rester en forme (et continuer de surfer des houles de 4m) : vivre une vie simplement saine, bien manger, éviter le stress, le tout sans boire ni fumer. Ses sessions de surf lui donnent bien assez d’adrénaline pour planer! Et attention, met-il en garde, « avec les vagues, c’est comme une addiction ».

Son objectif, c’est continuer de surfer aussi longtemps que possible (« jusqu’à la mort » insiste-t-il) ! En attendant, il a d’autres projets. A son retour en Australie Douglas compte bien reprendre des cours de français… pour mieux revenir au Maroc l’année prochaine. Un signe de respect pour lui que de pouvoir communiquer avec les gens et partager de belles sessions au sein de la communauté locale.

MISE A L’EAU – ANCHOR POINT

Surfrider Foundation existe aussi en Australie. Là-bas, un de leur plus grand combat concerne la protection des vagues « en voie de disparition ». En effet beaucoup de belles vagues du pays sont menacées, aussi bien par des aménagements du littoral (digues, routes, ports, dragage, ou travaux qui provoquent des changements sur les récifs, les flux de sable, forme plage, des courants ou de la houle), par l’accessibilité au spot (construction, privatisation de la côte, mise en place d’infrastructures tel que des usines de dessalement d’eau de mer), ou encore par la qualité de l’eau qui met en danger les utilisateurs…. Contre cela, rien n’existe encore dans les lois australiennes ou internationales. Ni les vagues, ni les spots de surf ne sont à ce jour reconnu comme une part de notre patrimoine naturel et culturel.

MOBILISATION CITOYENNE EN AUSTRALIE

Au Maroc, plusieurs vagues ont déjà disparues. Suite à l’extension de la digue du port de Mohammedia en 1979, le surf marocain a perdu le spot le long de la jetée et le spot de la plage de Mohammedia face au Casino. Le 21 mars dernier, les célèbres ruines de la Madraba, symbole du spot Anchor Point, ont été définitivement rasées. La communauté surf s’inquiète toujours d’une construction privatisée qui fermerait l’accès au spot. Anchor Point et les vagues en générale sont des richesses inestimables de notre patrimoine. La preuve vivante : Douglas a parcouru 18 410 km à vol d’oiseau pour venir les surfer!
PROTÉGEONS NOS VAGUES

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