Compte rendu de la table ronde sur le surf en tant qu’activité touristique dans la région d’Agadir

nombre d’adeptes augmenter d’année en année. Selon les chiffres de Surf Maroc, 80% des écoles de surf du pays se trouveraient dans la seule région d’Agadir. A ce titre, l’école Surf Maroc présente un taux d’occupation de chambre de 95%, compte 2206 clients, et sollicite 45 salariés pour l’année 2013. En octobre 2014, le Magazine de surf californien Grind TV place même le Maroc sur la troisième place du podium des meilleures destinations mondiales pour la pratique du Surf, devant l’Australie et le Costa Rica. Les retombées économiques sont considérables : cette visibilité montante tend à attirer une clientèle de plus en plus nombreuse et diversifiée (française, anglaise, allemande, néo-zélandaise, russe). L’essor du surf génère donc des revenus non-négligeables. Au delà du seul milieu hôtelier, ce tourisme alimente de nombreux autres secteurs tels que la restauration, l’artisanat local, etc.

VOLET ECONOMICO-POLITIQUE

            Afin de répondre à la demande croissante, cette activité de niche s’est développée en roue libre. Elle fait apparaître de nombreux problèmes, eux-mêmes pointés du doigt par les participants de cette réunion. En effet, de nombreuses écoles ont vu le jour sans être en mesure de certifier la légalité de leur organisation, ou la compétence de leurs moniteurs. Pourtant, elles proposent des tarifs moins élevés, ce qui provoque une concurrence déloyale pour les sociétés en règles. De plus, elles sont confrontées à de nombreux obstacles (transport touristique, assurances inadaptées et dégradation des plages) qui empêchent leur évolution.

VOLET STRATEGIQUE

            Cette activité souffre de la méconnaissance de ce secteur de la part des autorités locales et régionales. Ces dernières n’ont pas conscience du potentiel surf-touristique existant. Cette pratique mériterait pourtant d’être intégrée à l’identité balnéaire de la région d’Agadir, au même titre que le golf ou le bien-être.

Une ligne stratégique commune doit donc être mise en place afin d’harmoniser les acteurs du monde de la glisse. Il est impératif de professionnaliser le personnel et d’institutionnaliser les métiers du Surf, afin de faire reconnaître cette activité comme une discipline à part entière, aux yeux des élus et des organismes publics.

VOLET ENVIRONNEMENTAL

            Le développement du surf en tant que sport nautique exige que l’on porte une attention particulière à la qualité de l’environnement dans lequel il est pratiqué. Ainsi, la préservation du littoral, en tant qu’espace naturel fragile, doit s’inscrire parmi les préoccupations des autorités locales et acteurs de ce secteur. La hausse de la fréquentation des plages fait apparaître des problèmes urgents d’insalubrité mais également d’infrastructures et d’accessibilité.

Dans l’optique Surfrider de protection et de mise en valeur du littoral, les spots de surf doivent être reconnus comme un espace à préserver à l’instar des parcs naturels, des montagnes ou forêts. Les vagues sont à considérer comme partie intégrante du patrimoine de la région, qu’il faut à tout prix sauvegarder. Sans elles, le surf n’est plus et perd alors toute sa valeur.

L’équipe Surfrider Maroc remercie les organisateurs de cet évènement. Elle tient à féliciter et encourager ces initiatives de débats en espérant qu’elles impulsent une dynamique et une prise de conscience de l’importance du surf et du littoral, au sein de la sphère publique.

photo2.phpPhotos by Rachid HD