La loi littoral, entre bonnes intentions et insuffisances

Le Maroc, pays bordé par 3.446 km de côtes, a fait un grand pas en faveur de la protection du littoral en se dotant d’une loi de protection du littoral. Issue d’un processus législatif entamé en 2010, la loi  littoral n°81-12 a finalement été adoptée à l’unanimité le 23 juin 2015.

Promulguée depuis le 16 juillet 2015, cette loi arrive tardivement puisqu’aucun texte propre aux espaces littoraux en particulier n’existait jusqu’à présent.

Le principe fondamental de « non-rétroactivité » de la loi s’applique pour la loi littoral : tout ce que prévoit la loi est applicable depuis son adoption le 16 juillet 2015, en revanche tous les projets de construction ou d’aménagement qui ont été autorisés avant sont définitivement autorisés, même s’ils ne respectent pas la loi littoral.

Néanmoins, parce qu’ils subissent une pression humaine forte et que ce sont des milieux naturels fragiles et riches en biodiversité, les espaces littoraux sont des espaces vulnérables qui nécessitent une attention particulière. La loi littoral est essentielle en ce sens.


Ce que dit la loi littoral

La loi littoral, répartie en 5 chapitres et 56 articles, établit ce qui est appelé une « gestion intégrée du littoral », qui prévoit une protection stricte du littoral tout en prenant en compte les différents éléments et acteurs présents dans ces espaces. Elle a notamment pour objectif de limiter la construction de nouveaux aménagements à proximité du rivage, de limiter les pollutions de l’eau dues aux rejets ou encore d’inciter à la recherche scientifique et à l’innovation.

Un plan national et des schémas régionaux

D’une part, la loi exige la création d’un plan national qui a pour objectif de fixer les orientations nationales à prendre en matière d’environnement. Il sera élaboré à partir de données scientifiques socio-économiques et environnementales.

D’autre part, des schémas régionaux devront être mis en place pour permettre de prendre en compte les particularités géographiques locales du littoral. Ces schémas régionaux se référeront aux orientations présentes dans les documents d’urbanisme et de territoire existants ou à venir. Ces documents sont revus tous les 20 ans au maximum.

Toutefois, deux ans ont été laissés afin d’élaborer ces documents qui devront donc être prêts avant 2018. Or, seul un plan national est pour l’heure en cours d’élaboration… La mise en route n’est pas rapide et il reste désormais moins d’un an pour finaliser leurs mises en place !

S’il est nécessaire de prendre en compte les particularités des sites, il peut toutefois s’avérer risqué de laisser aux régions le choix de déterminer l’aménagement de ses côtes. En effet, les intérêts touristiques et économiques pourraient faire de l’ombre à la nécessité de protéger les milieux. Beaucoup d’acteurs sont présents sur cet espace fragile et leurs intérêts divergent. D’où la complexité de l’application de la loi. Elle doit aborder la protection de l’espace littoral d’un point de vue environnemental, mais bien sûr prendre en compte les contraintes économiques (développement touristique, développement de la pêche, qui sont les principaux domaines d’activités au Maroc) et les contraintes sociales (54% des marocains vivaient sur la côte en 2010 !).

Des aménagements interdits

« II est interdit de porter atteinte à l’état naturel du rivage de la mer notamment par endiguement, enrochement, remblaiement, abattage d’arbres, défrichement ou modification de sa topographie » Article 13

Les espaces littoraux sont préservés. Il est désormais interdit de les modifier ou de les artificialiser.

Quelques exceptions existent néanmoins : pour les travaux de défense contre les effets de la mer, pour la réalisation d’installations nécessaires à la sécurité nationale, à la pêche maritime ou encore pour la réalisation d’installations liées à l’exercice d’un service public par exemple. C’est projets devront toutefois faire l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement pour limiter leur impact sur l’environnement.

« Il est institué une zone non constructible, adjacente au littoral [...], d’une largeur de cent mètres

(100 m) »Article 15

Il existe désormais une bande de 100 mètres de large le long du rivage, dans laquelle seules des constructions légères peuvent s’implanter et cela uniquement après une étude d’impact. Dans la même idée, les infrastructures de transport doivent être éloignées de plus de 2000 mètres du rivage (exception faite si la configuration des lieux ne le permet pas).

Il s’agit là de mesures significatives pour favoriser le maintien d’espaces naturels dans les zones côtières en luttant contre l’artificialisation des côtes. C’est à dire, en empêchant l’urbanisation des espaces et en limitant la présence humaine qui impacterait de manière négative l’environnement.


Malgré cela, le littoral marocain subit encore aujourd’hui le bétonnage de sites naturels littoraux exceptionnels. Conséquence de l’adoption tardive de la loi mais également de négligences administratives actuelles, ces constructions vont modifier dangereusement les paysages côtiers marocains. Les impacts dans le temps de ces aménagements sont en effet souvent inconnus ou sous-estimés.

Aujourd'hui encore, des chantier autorisés avant 2015 détériore dangereusement le littoral. Spot de la Source - Taghazout

Aujourd’hui encore, des chantier autorisés avant 2015 détériorent dangereusement le littoral. Destruction de la falaise au Spot de la Source – Taghazout

Un accès au rivage favorisé

Dans le but de garantir l’accès au rivage, « le passage le long de ce rivage constituent un droit pour le public ». Un passage de 3 mètres doit d’ailleurs prévu. La circulation et le stationnement de véhicules sur la plage y sont toutefois interdits ! Une fois de plus, il existe des exceptions données dans la loi (véhicules de secours par exemple) et d’autres exceptions prévues dans les Règlements qui sont pris par le Gouvernement.

 

La protection de la qualité de l’eau

C’est à l’article 37 de la loi qu’il est question des rejets polluants en mer : « Tout rejet causant une pollution du littoral est interdit ». Malheureusement, contre le paiement d’une redevance, des autorisations peuvent être délivrées par l’administration compétente. Le bénéficiaire aura le droit de déverser des rejets supérieurs aux « limites générales » mais en ne dépassant pas des « limites spécifiques ». Les limites générales comme les limites spécifiques sont fixées par décret… Cette situation crée une certaine insécurité juridique puisque les décrets peuvent facilement modifier les limites autorisées. Il existe également un risque de voir s’implanter la redevance comme une source d’entrée d’argent nécessaire pour les comptes publics…

L’évacuation et le traitement des eaux usées est un thème déjà pris en compte par les autorités qui commencent à construire de nouvelles stations d’épuration sur le littoral. C’est le cas près du spot de Banana-beach, sur la commune d’Aourir, où une station va bientôt être mise en service pour traiter les eaux usées d’Aourir et de Tamraght. L’ennui toutefois est que les sites d’implantation sont litigieux et pas vraiment adaptés à la construction de ce type d’infrastructures (bord de mer, espaces naturels aux éco-systèmes fragiles, peu ou pas de concertation avec le public…).

Un ensemble de sanctions

Les sanctions prévues pour le non respect de la loi littoral sont variées. La plupart du temps il s’agit d‘amende à l’encontre des contrevenant, mais on retiendra par exemple que dans le cas d’une construction interdite, il sera « ordonné la démolition de la construction ou de l’installation et la remise des espaces concernés en l’état antérieur, aux frais de l’auteur de l’infraction ».

La nécessité d’une application juste

En venant combler le vide juridique qui existait jusqu’en 2015, la loi littoral constitue une vraie avancée pour la conservation des espaces côtiers. Malgré tout, elle n’est qu’une première étape et il faudra voir dans quelle mesure elle est appliquée et respectée.

Beaucoup de projets de construction en cours sur le littoral marocain ne respectent pas encore la loi et mettent en danger les équilibres biologiques et morphologiques des côtes.

Texte de la loi littoral n°81-12

Référence : Dahir n° 1-15-87 du 29 ramadan 1436 (16 juillet 2015) portant promulgation de la loi n° 81-12 relative au littoral.

La COP22 est terminée, restons engagés pour notre planète.

La société marocaine a connu l’année dernière un véritable changement sur les questions environnementales. L’année 2016 aura été l’occasion de s’informer et d’apprendre beaucoup sur les thèmes environnementaux (climat,océan, littoral, forêt, protection des ressources naturelles, pollution, loi d’interdiction du plastique, etc.).

Cette forte sensibilisation est le résultat de l’organisation par le Maroc de la COP22 qui s’est déroulée en novembre 2016 à Marrakech. Les médias de masse (les chaînes, les radios) et les réseaux sociaux ont joué un rôle très important dans le changement sociétal et comportemental des citoyens marocains. La sensibilisation s’est fait grâce aux campagnes de communication (vidéos, spots publicitaires) qui avaient pour but d’inciter les citoyens à protéger l’environnement et à adopter les bons éco-gestes.

 

Surfrider Foundation Maroc, qui travaille dans le domaine de la protection de l’environnement littoral et dans le développement durable depuis 6 ans, confirme ce bouleversement dans la prise de conscience écologique au Maroc. Elle a mesuré cela pendant l’Opération « Coca Cola J’aime ma plage 2016 ». En effet, lors de cette opération visant à sensibiliser les estivants et à nettoyer les côtes de la région d’Agadir, SFM a constaté que les estivants étaient de plus en plus conscients de l’importance de garder un leurs plages propres. Désormais, les poubelles installées sont utilisées et les usagers de la plage ramassent leurs déchets. Auparavant, ce comportement était rare et mal vu. La COP22 aura permis de rendre ces comportements habituels.

Malheureusement, la COP22 est terminée et le sujet de l’écologie n’est plus évoqué par les médias au Maroc. Est-ce possible de penser que les 33 millions de marocains ont tous été ciblés et sensibilisés en si peu de temps ?

Pourquoi le thème de l’environnement n’est-il pas davantage mis en avant par les médias marocains ?

Ne serait-il pas important de continuer les campagnes de sensibilisation auprès du public marocain afin que la nouvelle génération grandisse avec cette sensibilité environnementale ?

Les médias jouent un rôle très important dans la diffusion des messages de sensibilisation au quotidien. D’autant plus que le citoyen marocain est prêt à changer sa façon de vivre et à devenir un eco-citoyen. Toutefois, il faut l’y encourager et l’aider, c’est là le rôle des organisation environnementales : l’accompagner, l’informer et le former.

Tous ensemble, soyons solidaires pour préserver notre planète

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Surfrider Foundation Maroc à la COP22

Depuis la COP21 de Paris en 2015,  Surfrider Foundation Maroc été décidé d’intégrer à son programme de sensibilisation du grand public le thème du Climat. En parallèle des préparatifs de la COP22 de Marrakech, l’association SFM a lancé son projet Surfrider Campus Tour 22, une caravane éducative populaire visant à sensibiliser au changement climatique et à la relation entre l’océan et le climat. Il a ainsi atteint son objectif de sensibilisation qui a bénéficié à plus de 3000 personnes de la population rurale, littorale et urbaine de la région Souss Massa.

SFM était présente lors de la COP22 de Marrakech pour représenter la communauté littorale dans l’espace de société civile (zone verte) et dans la zone bleue des négociations de la Conférence des Parties.

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Accréditée par l’UNFCCC, l’équipe a eu le chance de vivre cet événement de près! Elle a pu assister et participer à de nombreuses conférences, activités, side-event et ainsi échanger sur différents thèmes tout en visitant les stands présentés en zone verte. C’était également une occasion unique de présenter ses projets réalisés et à venir avec tous les acteurs (sociétés privés et organisations internationales, ONG) ainsi qu’avec quelques personnalités.

COP22

C’était surtout une occasion pour participer aux discussions concernant le littoral, l’Océan et l’éducation à l’environnement avec les autres acteurs de la société civile. La COP22 est une opportunité pour découvrir les initiatives et projets nationales et internationales toutes plus créatives et innovantes.

SFM a suivi avec intérêt toutes les activités liées au thème « Océan & Climat » et à vécu des journées marquantes. Les décideurs été réuni en nombre pour trouver des solutions concrètes à cette problématique récemment exposer au grand jour. Deux journées été dédiées à la célébration de l’Océan : le 11 & 12 novembre.

  11  novembre

 La Plateforme Océan et Climat en collaboration avec la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO et le Forum Mondial des Océans ont organisé le Forum de l’Océan & du Climat, qui s’est déroulé dans la zone verte accessible au grand public. Ce forum était une véritable rencontre entre les décideurs, les spécialistes de l’Océan, les acteurs et la société civile. Ce fut l’occasion pour rappeler le rôle majeur de l’Océan dans notre vie et dans la lutte contre le changement climatique. Mais également d’insister sur les menacent qui pèsent sur ce milieu, dû à l’activité humaine et au réchauffement climatique (acidification des océans, montée du niveau des mers, dégradation des éco-systèmes, migration des espèces, etc…)

COP22

Les intervenants ont mis le point sur deux volets principaux :
- Atténuation et Adaptation : quelles initiatives pour faire avancer les actions Océan et Climat ?
- Les questions scientifiques, les lacunes et les investissements de recherche pour mieux comprendre les liens entre l’Océan et le Climat et accompagner l’action.

A l’occasion de cette journée, le Maroc, pays d’accueil de la COP22 à présenté son programme « ceinture bleue » (blue belt), pour une pêche durable. « Nous avons opté pour cette ceinture bleue, pour donner une réponse à la résilience des océans et du climat. C’est la zone la plus sensible aux phénomènes extrêmes et aux changements climatiques. Elle fournit 85% des captures dans le monde », a déclaré Abdel Malek Faraj, directeur de l’Institut de recherche halieutique marocain, en estimant qu’il s’agit « d’une solution d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques selon une feuille de route prioritaire et un plan d’action global ».
La ceinture bleue part d’une nécessaire action commune pour les océans et le climat. « Un océan vivant et en bonne santé est indispensable pour atténuer les effets du réchauffement climatique » a t- il souligné. Pour cela, la pêche et l’aquaculture peuvent devenir un modèle de durabilité, en s’appuyant sur ceux de l’économie verte et bleue et contribuer à cet objectif.

COP22

L’initiative de la ceinture bleue est guidée par des objectifs ambitieux qui répondent au développement durable et aux objectifs de la Croissance Bleue. Il s’agit d’une stratégie à long terme visant à soutenir la croissance durable dans les secteurs marin et maritime dans leur ensemble. Elle est considérée comme une source d’inspiration majeure de la Ceinture Bleue, dont elle est la mise en œuvre opérationnelle.
Le forum de l’Océan & Climat a donné la parole aux jeunes chercheurs de solutions pour protéger l’Océan face au changement climatique. Ils ont eu l’occasion de présenter leurs projets innovantes et ambitieuses. Cette journée s’est clôturée avec les recommandations suivantes :

investir dans l’océanographie et les sciences marines pour renforcer la connaissance sur les liens entre océan et climat
reconnaître le rôle des écosystèmes marins et côtiers en tant que puits naturels de carbone
accélérer la mise en place d’un réseau cohérent et résilient d’aires marines protégées
développer les énergies marines renouvelables en préservant la biodiversité
accompagner la transition énergétique du transport et des activités maritimes
soutenir prioritairement les mesures d’adaptation pour les régions les plus vulnérables
renforcer les transferts de technologies vers les territoires côtiers les plus vulnérables
dédier une partie du Fonds Vert aux projets marins et côtiers.

12 novembre

Le Maroc, la Fondation Prince Albert II de Monaco, la FAO, le Global Ocean Forum et la Plateforme Océan et Climat ont organisée la journée d’action « Oceans Action Day ». Il s’agit de la journée officielle Océan de l’Agenda Global de l’Action de la CCNUCC. Cette journée a rassemblé plus de 400 participants venus du monde entier pour faire avancer les questions relatives aux océans et au changement climatique, et ainsi proposer des mesures concrètes pour soutenir les actions de l’Objectif de Développement durable n° 14 : Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines.

A cette occasion, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD) ont annoncé leur initiative baptisée « African Package for Climate-Resilient Ocean Economies ». Cet ensemble ambitieux d’assistance technique et financière appuiera les économies vivant de l’océan en Afrique. Il vise également à renforcer la résilience des océans et des zones côtières face au changement climatique, en s’adaptant aux priorités et objectifs spécifiques des pays. L’initiative mobilisera près de 3.5 milliards de dollars et mettra en œuvre des programmes liés à l’adaptation et à l’atténuation de 2017 à 2020.

COP22

Les partenaires de la COP22 (les Parties, les organisations intergouvernementales, les ONG, les institutions académiques, les universitaires, le secteur privé et les autorités locales) pour l’action sur les océans ont publié une feuille de route stratégique pour des mesures en faveur des océans et du climat de 2016 à 2021. Elle propose une vision de l’action sur les océans et le climat au cours des cinq prochaines années. Six domaines majeurs sont concernés : le rôle des océans dans la régulation du climat, l’atténuation, l’adaptation, les déplacements humains, le financement et le renforcement des capacités.

COP22

L’action climat pour les océans fait des vagues !

Surfrider Foundation Maroc  souhaite que ces journées dédiés à l’Océan lors de la COP22 soient suivi d’actions concrètes au Maroc pouvant participer à résoudre les problèmes majeurs que les océans subissent depuis plusieurs décennies.

A cette occasion, l’équipe de SFM félicite le Maroc pour la réussite de cet événement mondial.

Résultats principaux et initiatives de la COP22

J’aime ma plage 2016 – Opération estivale pour des plages propres!

Surfrider Foundation Maroc et ses partenaires ont clôturé la 5ème édition de l’opération estivale « Coca-Cola J’aime ma plage ». L’opération qui s’est déroulée du 09 juillet au 04 septembre sur dix plages( Aourir, Imouran, Taghazout, Madraba, Km 25, Km 26, Imi Ouaddar, Aghroud 1,Aghroud 2 et Imssouane) a connu un grand succès cette année.

L’objectif de cette année fut double : le premier était de lutter concrètement contre la pollution du littoral et la deuxième était de sensibiliser les estivants sur la thématique Océan Climat.

J'aime ma plage

Avant de commencer l’opération estivale, des réunions et des préparations se sont organisées dans l’objectif d’éviter les obstacles rencontrés sur le terrain.

Formation au profit des responsables de plages

La formation animée par l’équipe de SFM était riche et diversifiée, le but  était de donner un maximum d’informations pertinentes sur différents sujets liés à l’environnement (littoral, cycle d’eau, pollution, changement climatique, tri sélectif & recyclage, éco-gestes, énergies renouvelables, comment sensibiliser…) pour que ces jeunes responsables des plages puissent sensibiliser au mieux le grand public, afin d’ouvrir la discussion avec les estivants et les convaincre de l’importance du rôle de chacun dans la protection de l’environnement.

J'aime ma plage

Poubelles/ Panneaux d’information

 Pour la cinquième édition de l’opération « Coca-Cola J’aime ma plage » plus que 150 poubelles ont été déployées et une dizaine de panneaux d’informations ont été installés sur les plages. Ils ont été réparti selon l’étendue de la plage et la fréquentation des estivants.

J'aime ma plage

Public Sensibilisé/ Déchets Collectés

Au total, plus de 46 responsables des plages ont travaillé sur les plages à travers ce projet. Grâce à cette équipe de responsables de plages motivés et formés, Surfrider Foundation Maroc a ainsi pu sensibiliser les estivants aux questions écologiques via la mise en place d’instruments pédagogiques, de jeux pour enfants  et de rencontres.Le nombre de personnes sensibilisées durant toute la durée du projet a été quantifié sur chaque plage par les responsables. Il atteint près de 70 716 estivants (soit plus du double de l’année passée : 28 670 en 2014) et 7 172 enfants qui ont pris pas aux jeux ludiques animés quotidiennement par les responsables de plage.

J'aime ma plage

Plages NB Responsables Plages NB Adultes Sensibilisés NB Enfants Sensibilisés Nbre Sacs déchets
Aourir 5 5219 1161 793
Imouran 10 9691 555 1911
Taghazout 5 15473 1244 2555
Madraba 2 4799 725 613
Km 25 7 6986 612 1790
Km 26 2 3616 363 783
Imi Ouaddar 6 8315 1140 1977
Aghroud 1 3 5491 993 852
Aghroud 2 3 7097 281 1028
Imssouane 3 3929 98 655
TOTAL 46 70 616 7 172 12 957

Statistiques SFM 2016

J'aime ma plage

Alors que le nombre de personnes sensibilisés a augementé, la quantité de déchets collectés est restée la même. Cette année près de 12 957 sacs d’ordures diverses ont été ramassé, soit pratiquement le même chiffre que l’année dernière. SFM s’intéresse à cette statistique étonnante, vu la hausse de fréquentation des plages. Plusieurs pistes sont évoquées pour expliquer ce résultat et notamment celle d’un changement sociétal et comportemental observé sur le terrain… Une lueur d’espoir !

Suivi du projet 

L’équipe Surfrider Foundation Maroc a effectué le suivi de l’opération tout au long de la période : 58 tournées de contrôle ont été effectuées pour un total de 7 500 kilomètres parcourus. Ces tournées quotidiennes avaient pour but de contrôler la qualité du travail des responsables de plage, de les accompagner dans leur sensibilisation afin qu’ils développent leurs discours, de distribuer les sacs nécessaires à la collecte, de repérer les points noirs, de les encourager à leur (lourde) tâche de nettoyage, de récolter régulièrement leurs statistiques et bien sûr de les aider face aux nombreux problèmes qu’ils ont eu l’occasion de rencontrer.

J'aime ma plage

 L’opération Coca Cola J’aime ma plage 2016 a réussi à améliorer les points faibles des années précédents (logistiques, insuffisances de jeunes RP…), au cela grâce aux efforts des partenaires spécialement Coca Cola & SGBS et l’énorme budget consacré au projet.

Surfrider Foundation Maroc tient à remercier les porteurs du projet Coca Cola et SGBS ainsi que Magval, Souss Hygiène, les communes de Taghazout, Tamri, Imssouane et toute personne impliquée dans cette opération.

J'aime ma plage

Enfin un merci tout particulier à tous les responsables de plages :)
Bravo pour leur implication et pour avoir gardé nos plages propres!

           

PROTECTION DU LITTORAL ET SURF TOURISTIQUE

Le lundi 02 février, Surfrider Foundation Maroc s’est rendu à première Assemblée Générale de la Confédération des entreprises marocaines de surf touristique. Ce groupement de sociétés est né en mai 2014 afin de défendre ses intérêts économiques et commerciaux. Un grand nombre d’acteurs  étaient présents ; sociétés de surf touristique « surf-camp » et « surf-school », gîtes, hôtels, auberge, resorts, commerçants « surf-shop », restaurateurs, distributeurs de matériel de surf, shapers locaux, etc…

Cet article n’est pas un contre rendu de cette réunion mais plutôt un focus sur un thème qui nous concerne en tant qu’association protectrice de l’environnement : « la protection du littoral et des vagues ». En effet, c’est le premier sujet qui a été développé dans les points à traiter par la Confédération.

Il est important de rappeler que la pratique du surf n’est possible que grâce à l’existence des vagues et à leur accès. Ce que l’on appelle communément « spot de surf » correspond à un lieu reconnu où la pratique du surf est possible ; il peut s’agir d’une vague, d’une plage ou d’un endroit qui s’en approche.

Aussi différents qu’ils soient, les spots de surf sont précieux ; leur valeur n’a pas de prix pour les surfeurs… Mais elle en a certainement pour les sociétés de surf touristiques : les vagues sont leur « gagne-pain » ainsi que les splendides plages de la côte nord gadiri encore sauvage. L’ensemble des spots qui sont reconnus au Maroc, et plus spécifiquement dans la région d’Agadir participent à l’identité régionale, ainsi qu’à la renommée internationale. En effet, le Maroc a été reconnu parmi les meilleures destinations de surf au monde : la région de Taghazout a été classée 3ème mondiale pour l’apprentissage du surf, devant le Costa Rica et l’Australie !

http://www.grindtv.com/action-sports/surf/post/5-best-places-learn-surf/

Les nombreux spots de la région font le bonheur des surfeurs (des débutants au plus experts parfois venus de très loin) et des commerces locaux profitant de milliers de touristes chaque année. Dans la région de Taghazout, c’est toute une sphère économique qui s’est développée autour de cette pratique : camps de surf, magasins de location, réparateur de planches, auberges, restaurants, location de voitures, artisanat local, etc.

Progressivement les activités humaines viennent s’installer de plus en plus près des côtes… Ainsi plusieurs projets sont en construction sur le littoral de la région. Bien qu’ils soient souvent d’intérêt collectif (lorsqu’il ne s’agit pas d’un énième hôtel), certains menacent parmi les meilleurs spots du Maroc :

-          Banana (station d’épuration en cours de construction)

-          Boilers (station de dessalement d’eau de mer en cours de construction)

-          Anchor Point (projet inconnu ?)

-          La Baie d’Imessouane (projet d’agrandissement du port de pêche ?)

N’ayant pas accès aux études d’impacts (rendues obligatoires pour chaque projet par la Loi 12-03 relative aux études d’impact sur l’environnement), il est difficile de prévoir l’impact réels de tels projet sur le littoral et les vagues. Mais nous pouvons d’ors et déjà nous inquiéter de la garantie d’accès aux spots. La route et le parking de Boilers ont par exemple été fermés en raison du chantier en cours il y a quelques semaines.

Avant de pouvoir un jour considérer les spots de surf comme un véritable patrimoine naturel à protéger, il est nécessaire de recenser les vagues du littoral marocain et de leurs différentes caractéristiques. C’est un des objectifs qu’ont en commun la Confédération des entreprises marocaines de surf touristique et l’association Surfrider Foundation Maroc.

En attendant une cartographie précise et détaillée, voici un état des lieux des spots aujourd’hui menacés ou pollués dans la région d’Agadir. Cette carte recense les spots dont il a été question lors de la réunion et ne prêtant en aucun cas être exhaustive.

surf spot morocco agadir 2015

D’ici à ce que les vagues puissent être reconnues comme un « véritable patrimoine naturel », il est de notre devoir à tous de prendre conscience de leur valeur inestimable et d’en faire prendre conscience les autorités locales. Ces richesses du littoral marocain doivent être reconnues par la société civile mais également par la sphère politique !

Une pétition circule actuellement pour le spot de Boilers (dont l’accès a récemment été fermé). Les signatures seront présentées à la Wilaya d’Agadir afin de déposer un dossier.
Pour vous mobiliser et signer, cliquez ici :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/La_Wilaya_du_Souss_Massa_Draa_Save_Boilers_Sauvons_la_Bouilloire/?tZOzScb

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